L'espace naturel est de plus en plus réduit, géré pour les besoins et les désirs des hommes ; néanmoins, les Alpes recèlent des trésors : faune, flore et paysages grandioses, ambiances fugitives, petits assemblages diffus de sensations diverses, irraisonnées ...
L'exposition présentée ici est donc avant tout l'histoire d'une rencontre entre un passionné de nature et ce milieu, aussi fragile que vivant. Plus de vingt ans à guetter, observer, patienter ... espoirs déçus, attentes vaines, qui conduisent à espérer le prochain rendez-vous ... car il s'agit bien là d'une passion ; une passion qui se nourrit de la rencontre mais aussi des multiples éléments qui doivent se conjuguer, se réunir, pour un moment d'harmonie parfaite.
D'ailleurs, au fil des années, il ne s'agit plus de patience, car il n'y a plus d'attente. Il s'agit d'être là, sentir le vent, humer les parfums des saisons qui s'installent ou se racornissent, regarder ... la sensation d'appartenance au milieu est alors intense, profonde. La photographie, elle, est un prétexte, un moyen de montrer, de dire à quel point le silence de la montagne n'existe pas, combien la vie foisonne, palpite, en une multitude d'organisations élaborées.
C'est l’affût qui offre le plus de satisfactions, car, dissimulé à la vue de l'animal, le photographe peut alors profiter pleinement de scènes souvent impossibles à observer à découvert. Il suffit de s'installer avant le levée du jour pour de longues heures d'immobilité, de faire entrer boîtier, trépied, objectifs, sac à dos et observateur dans un espace réduit à l'extrême ... et d'attendre ... mais là encore, qu'importent crampes et courbatures quand les tétras-lyres paradent et roucoulent devant vous ...
Une photographie réussie parle d'elle-même et n'a pas besoin de mots pour être ressentie et comprise, cependant, une légende peut apporter des éléments de connaissance, d'information complémentaire ; texte et image s’enrichissent alors mutuellement et deviennent indissociables, formant un tout complet.